Hécatombe d’éléphants à Bouba N’Djida au Cameroun

15/02/2012
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Eléphants au Cameroun - Crédit photo : Pascal Fournié

Le Cameroun est pourvu d’un patrimoine naturel exceptionnel. La grande variété de biotopes et la diversité de sa faune pourraient même faire pâlir les pays d’Afrique de l’Est. Pourtant, le nombre de touristes visitant ce pays est bien loin d’atteindre les chiffres du Kenya et de la Tanzanie. Doté de plusieurs réserves et parcs nationaux, le Cameroun n’offre malheureusement pas les infrastructures hôtelières qu’exigent les visiteurs. Les lodges et hôtels sont rares et anciens, moyennement confortables, les pistes peu ou pas entretenues.

La faible quantité de touristes dans les parcs et réserves a de multiples conséquences. D’une part sur l’économie du pays, d’autre part sur le nombre d’animaux braconnés. En effet, moins il y a de passage et de mouvements à proximité et au sein des zones protégées, plus les braconniers ont le champ libre. Et comme les devises étrangères ne suffisent pas, rares sont les gardes.

Le parc national de Bouba N’Djida, situé au nord-est du Cameroun, connaît depuis le début de la saison sèche une forte augmentation du nombre d’animaux braconnés. Les premiers touchés sont les éléphants. En janvier, pas moins de 144 carcasses ont été découvertes. Une situation alarmante qui, à court terme, est capable d’aboutir à la disparition des pachydermes dans cette région où la population était estimée à 400 individus il y a encore peu de temps. D’après un expert, il resterait entre 100 et 150 éléphants dans le parc de Bouba N’Djida. Autant dire qu’à ce rythme, tous auront été massacrés d’ici la prochaine saison des pluies dans quelques mois.

D’après l’article paru dans le Cameroon Tribune, les braconniers seraient d’origine soudanaise. Ils opéreraient avec des complices de la région. Leur base serait située au Tchad, un pays qui voit disparaître ses éléphants sans que rien ne soit fait (lire notre article du 15/08/2011). Face à des bandits lourdement armés, les autorités des zones protégées ne peuvent en aucun cas enrayer le phénomène. Des gardes sont régulièrement abattus sans le moindre scrupule et six militaires tchadiens viennent de tomber sous les balles des braconniers.

Les populations d’éléphants d’Afrique de l’Ouest et Centrale ne cessent de chuter depuis quelques années. Les pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe sont aussi de plus en plus touchés par ce fléau. Force est de constater que le trafic d’ivoire augmente au fur et à mesure que les Chinois s’implantent sur ce continent. Un constat qui devrait faire réagir ceux qui ont le pouvoir. A moins que les revenus provenant de ces trafics profitent à de multiples niveaux, en Asie comme en Afrique !

C’est donc une vraie guerre qui est déclarée aux braconniers et aux trafiquants. Mais pour gagner ce combat, seuls des efforts à l’échelle planétaire pourront porter leurs fruits. Malheureusement, loin des yeux de notre vieille Europe où les préoccupations sont tout autres, les éléphants sont livrés à leur propre sort et leur avenir peut rapidement être compromis. Ils ont dès à présent besoin de portes-paroles dignes de mener une campagne comme ils ont déjà su le faire en 1989 . Parmi eux, Pierre Pfeffer, Iain Douglas-Hamilton, Cynthia Moss et Joyce Poole, tous spécialistes des éléphants depuis plusieurs décennies. Sans leur engagement, la lutte sera toujours inégale et nous verrons progressivement s’éteindre le plus fascinant des animaux du continent africain.

Pétitions en faveur des éléphants :

http://www.thepetitionsite.com/1/cameroon-stop-the-elephant-slaughtering/

http://www.ifaw.org/fr/node/7099

D’autres pétitions pour cette cause et bien d’autres sur cette page.

Source : Cameroon Tribune

Rédacteur : PF

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