Au nom de la Rose…

18/05/2011
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Crédit photo : EPA/Jon Hrusa

Peut-être allez vous avoir l’occasion d’offrir des roses ? Si oui, connaissez-vous leur parcours avant d’arriver chez votre fleuriste ?

Depuis quelques années, la rose a délaissé la Hollande pour s’installer au Kenya et en Éthiopie, respectivement premier et deuxième exportateur de roses du continent africain. Ces pays ont pris conscience de tout le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de leur sol et de leur climat et louent des milliers d’hectares de terres fertiles à des investisseurs étrangers qui viennent d’Europe, de l’Inde et des Émirats Arabes, au détriment de ses propres paysans traditionnels qui sont le plus souvent expropriés. Selon l’ ONU, l’Afrique a bradé 15 à 20 millions d’hectares de ses terres, 1700 ha sont consacrés à la culture de roses en Éthiopie contre 5000 ha au Kenya.

Pour qu’elle puisse se développer, la rose a besoin de terre et d’eau, beaucoup d’eau. En Éthiopie, l’eau est puisée directement dans les nappes phréatiques. Pour irriguer ses 30 000 ha, une société indienne envisage de détourner la rivière Omo.

Au Kenya, les fermes de cultures se trouvent toutes dans les environs du lac Naïvasha. Ce lac est l’un des sites mondiaux les plus réputés pour sa richesse en oiseaux avec 350 espèces répertoriées, ses papyrus et ses lys qui poussent sur ses rives. Les fermes pompent l’eau directement dans le lac pour irriguer leurs cultures. Elles y déversent leurs eaux saturées d’engrais et de pesticides toxiques comme le DDT et la Dieldrine interdits de commercialisation en France depuis 1972. Les conséquences en terme de pollution sont dramatiques.

A l’heure actuelle, la plus grande partie de la végétation est morte, le nombre des hippopotames a diminué de plus d’un quart, le tilapia, poisson pêché depuis toujours, a quant à lui disparu. Les jacinthes d’eau ont proliféré, asphyxiant progressivement le lac. Selon David Harper de l’université anglaise de Leicester: « Si les choses continuent de la sorte, si aucune régulation n’est mise en place, dans moins de 10 ans le lac Naïvasha ne sera plus qu’un lac boueux et malodorant au fur et à mesure que sa surface et sa profondeur se réduiront. Il se réchauffera, entrainant la prolifération de micro-algues et deviendra toxique ».

Parmi le personnel, 80% sont des femmes, employées pour un à deux euros par jour. Corvéables à souhait, elles ne comptent plus les heures supplémentaires pendant les périodes de pointe (Fête des mères, St Valentin…).

Elles sont en première ligne face à la batterie de pesticides et d’engrais, sans protection contre ces substances volatiles avérées cancérigènes et ignorent totalement leur dangerosité. Elles souffrent de maux de tête, de pertes d’ équilibre, de nausées, de troubles de mémoire, d’infertilité et de fausses couches et à plus long terme déclarent des cancers.

Les roses sont coupées méticuleusement en boutons serrés, triées par taille et couleur en fonction des exigences du client. Elles sont exportées 24 heures après leur cueillette vers la bourse aux fleurs d’Amsterdam où elles sont achetées par les grandes enseignes qui leur apposent la mention d’origine Pays-Bas. Enfin, elles sont réexpédiées par avion aux quatre coins du monde avant de se retrouver sur l’étal de votre fleuriste.

Rédacteur : BV

Sources : http://www.recherche-plurielle.net/libre_reflexion/1-bloc-notes-028.htm

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/02/14/nos-roses-de-la-saint-valentin-assechent-un-lac-au-kenya/

Vidéo Arte : Ethiopie : Des fleurs contre la faim

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