Les conflits Hommes-Eléphants

06/06/2011
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Clôtures de ruches

Save The Elephants teste les abeilles comme moyen répulsif (Crédit photo : © 2010 Save the Elephants)

Les éléphants détruisent les plantations

En Ouganda, 460 agriculteurs du district de Kasese à l’ouest du pays, ont déposé une action en justice devant la Haute Cour le 19 mai 2011. Ils accusent l’Uganda Wildlife Authority (UWA) de ne pas avoir clôturé le Parc National Queen Elizabeth en 2009, laissant ainsi s’échapper une centaine d’éléphants. Ces derniers avaient dévasté des cultures de soja, bananes, arachides, maïs, mangues, ananas et coton. Les agriculteurs réclament aujourd’hui une indemnité de 1.5 milliards de shillings ougandais (environ 430 000 €) pour les pertes occasionnées et le remboursement du prêt qui était tributaire de la vente des produits détruits. La Cour n’a pas encore entendu l’UWA pour répondre des accusations portées contre elle.

Au Kenya, le même problème s’est posé récemment pour les fermiers de Mwakitau et Taveta.

… et les troupeaux de bétail envahissent les parcs nationaux

Au Kenya toujours, les dirigeants de Taveta ont dénoncé le pâturage illégal du bétail dans le parc de Tsavo. Selon le conseiller Chanzo Khamadi, les éleveurs ont fait paître des milliers de têtes de bétail dans le parc et utilisé tous les points d’eau destinés aux éléphants, provoquant des conflits hommes-éléphants. Le Kenya Wildlife Service (KWS) a été accusé de ne pas avoir pris de mesures strictes pour limiter le pâturage dans le parc. En réponse, le directeur Julius Kipng’etich a déclaré : « L’ amende de SH500 kenyans (environ 4 €) infligée aux fraudeurs est dérisoire. Seules des sanctions sévères stopperont les éleveurs ». Les protecteurs de la nature ont également expliqué que cette pratique mettait en danger la vie de la faune sauvage qui pourrait être infectée par des maladies véhiculées par le bétail .

Plusieurs sources ont révélé que certains gardes peu scrupuleux du KWS facilitaient le passage du bétail la nuit contre de l’argent, et les touristes se plaignent de voir plus de bétail que d’animaux sauvages malgré une lourde taxe d’entrée du parc.

Quelles solutions aux conflits Hommes-Eléphants?

Le bruit

Souvent peu onéreuses, différentes méthodes sonores traditionnelles destinées à déranger les éléphants à leur approche des champs et des villages sont efficaces sur le court terme. Mais très vite, les éléphants s’y habituent et ne sont plus perturbés par ces bruits. De petits avions ou des véhicules ont également été testés pour effrayer les éléphants et les repousser hors des zones de conflit, mais avec un succès très limité dans le temps et tout relatif étant donné les coûts de telles opérations.

Piments et autres répulsifs

Si l’utilisation de répulsifs est encore à l’étude, les premiers résultats sont plutôt encourageants. A l’origine de ces essais : l’utilisation concluante de sprays à base de piments, notamment sur les ours en Amérique du Nord. La pulvérisation d’un liquide pimenté entraîne un effet particulièrement irritant sur les muqueuses des éléphants et a un effet immédiat. Testée au Zimbabwe, elle s’est avérée particulièrement efficace sur les pachydermes.

Cette solution offre plusieurs avantages : elle est peu onéreuse et ne nécessite d’être appliquée que pendant les périodes de récoltes, moments où les conflits sont les plus intenses. Par ailleurs, elle n’occasionne pas de blessures ou de traumatismes sur les éléphants. Diverses méthodes utilisant le piment comme répulsif sont aujourd’hui à l’essai tels des chiffons enduits d’une solution à base de piment broyé et suspendus sur les barrières, de la graisse aromatisée au piment dont on enduit les clôtures, des briquettes à base de piment et de bouse d’éléphant brûlées aux abords des cultures. Cependant, les résultats sur les moyen et long termes ne sont pas encore connus.

Les clôtures électriques

Seules les clôtures électrifiées ont un réel impact et sont considérées comme le meilleur moyen de parer aux conflits entre pachydermes et humains bien que, souvent, il faille coupler ces barrières avec des tours de garde ou une pulvérisation à base de piments.

Les abeilles font fuir les éléphants

De précédentes études avaient montré que les éléphants craignent les abeilles, lesquelles peuvent les piquer dans les yeux, les oreilles ou pire, à l’intérieur de la trompe. Ainsi, les acacias dans lesquels sont installées des abeilles sont moins abîmés par les éléphants. Au Zimbabwe, des chercheurs ont observé que les groupes d’éléphants empruntaient de nouveaux chemins pour éviter les ruches.

Face aux conflits croissants entre hommes et éléphants en Afrique, où l’habitat naturel des pachydermes est de plus en plus restreint, la zoologiste Lucy King et ses collègues de Save The Elephants, ont eu l’idée de tester les ruches comme moyen d’éloigner les animaux des zones habitées. L’article complet est disponible sur  http://afrique-horizons.org/actu-elephant-bees.htm .

 

Sources : http://allafrica.com/stories/201105240136.html

http://allafrica.com/stories/201105240061.html

http://www.african-elephant.org/hec/index.html

http://www.elephantpepper.com

Extrait d’un document sur les conflits homme-animal de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) (en français, version PDF) : http://www.fao.org/docrep/012/i1048f/i1048f04.pdf

Depuis 2000, le WWF travaille pour la conservation de l’éléphant d’Afrique. Vous trouverez à cette adresse le dossier complet de leur programme (en anglais) : http://wwf.panda.org/what_we_do/endangered_species/elephants/african_elephants/elephant_programme

En vert : notes d’Afrique Horizons

Traducteur et Rédacteur : BV

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