460kg de viande de brousse saisis à l’aéroport de Roissy

05/06/2011
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Saisie viande de brousse

Saisie de viande de brousse par les douanes à Roissy (Crédit photo : Douane française)

Du 17 au 26 mai 2011, une vaste opération visant à lutter contre les importations illégales de viande de brousse provenant d’animaux sauvages d’Afrique, a eu lieu à l’aéroport Roissy Charles De Gaulle, aboutissant à l’arrestation de 9 personnes.

Ont été saisis 460 kg de viande, 540 kg de poissons, 450 kg de fruits et de légumes. Le tableau de chasse était particulièrement impressionnant et varié : viande fraîche de varan, de python, de crocodile, d’éléphant, d’antilope, de porc-épic, de pangolin, de singe, de lièvre mais aussi du miel de brousse, du bœuf, du mouton, des chenilles, une importante quantité de poisson séché et de la peau de léopard.

Des conséquences écologiques et sanitaires

Une partie significative des viandes saisies étant issue d’espèces protégées par la Convention de Washington (CITES), ce trafic illégal contribue à l’appauvrissement des écosystèmes et profite à une forme d’économie parallèle.

De plus, n’étant pas transportées dans des conditions garantissant leur bonne conservation, ces denrées alimentaires sont susceptibles d’introduire sur le territoire d’une part des maladies graves (virus de type Ebola, grippe aviaire, fièvre aphteuse, agents pathogènes…), d’autre part des insectes potentiellement vecteurs de maladies humaines, animales et végétales.

Un trafic régulier à l’aéroport de Roissy

Selon une étude de l’Institut de Zoologie de Londres, 5 tonnes de viande de brousse transitent chaque semaine via l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle, l’un des plus fréquenté d’Europe.

La République Centrafricaine, le Cameroun et la République Démocratique du Congo ont été identifiés comme les principaux pays d’origine de ces cargaisons. Des voyageurs rapportent des produits d’origine animale, provenant parfois d’espèces protégées en dépit de la réglementation l’interdisant formellement pour des raisons sanitaires. Certains le font pour leur consommation personnelle, d’autres pour en faire le commerce. Des entretiens menés avec trois négociants à Paris révèlent que ceux-ci prennent des commandes à l’avance et organisent la livraison de la marchandise au client.

Seulement quelques centaines d’euros d’amende…

Le Dr Marcus Rowcliffe de la Zoological Society of London, coauteur de cette étude, souligne : « Nos investigations montrent qu’il s’agit d’un trafic organisé et lucratif pour le marché de luxe ; un singe de 4 kg coûte environ 100 € en France contre seulement 5 € au Cameroun. Importer de la viande de brousse est relativement facile vu que les douaniers n’ont pas d’incitation financière pour lutter contre ce trafic, contrairement aux bonus qu’ils peuvent percevoir dans la découverte de drogues et de contrefaçons ».

La pression continue des douanes et une modification de la législation apparaissent donc  désormais indispensables : pour l’heure les contrevenants ne risquent en effet qu’une amende comprise entre 150 et 450 € selon la quantité de carcasses transportées. Très insuffisant au regard de l’ignominie de ces trafics.

 

Sources : http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/eng/sites/Gendarmerie/Presse/Communiques/Operation-de-controle-des-importations-de-viande-de-brousse-a-Roissy

Document officiel en format PDF : http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/eng/content/download/2181/26720/file/2011%2005%20Douane-Op%C3%A9ration%20de%20contr%C3%B4les%20renforc%C3%A9s-Viande%20Brousse%20OCLAESP.pdf

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2451.php

 

Rédacteur : BV

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